Ecouter la conférence sur l’estime de soi des ados

110 personnes sont venues écouter Audrey de la Grange, docteure en psychanalyse, certifiée EMDR – REL – TIPI, chercheuse associée à l’université Paul Valéry, nous parler de ce qu’est l’adolescence, ce grand bouleversement, cette période plus ou moins longue de transformation intense où l’enfant grandit, mue, pour devenir un adulte. Des enseignants, des professionnels de l’enfance, des grands-parents, des parents du collège Louis Germain (34), mais aussi de nombreux établissements du grand Montpellier ont pu poser leurs questions lors d’un long échange de près de 2 heures.

Retrouvez l’intégralité de la conférence :

Grâce aux IRM aujourd’hui, on peut expliquer scientifiquement aux ados ce qui se passe à l’intérieur de leur cerveau.

L’adolescence est une métamorphose, un véritable choc pour le jeune qui ne se reconnait plus vraiment dans le miroir. Son reflet peut le décevoir, il y a les douleurs liées à la croissance physique qui est, elle-même, consommatrice de beaucoup d’énergie. C’est pourquoi l’adolescent est souvent très fatigué – encore plus s’il ne dort pas assez. Il mue (le complexe du homard de Françoise DOLTO) : l’adolescence est la période entre deux carapaces, donc une période de grande vulnérabilité. Il doit faire le deuil de l’enfance pour faire place à l’adulte en devenir. Et cela prend du temps de construire cette nouvelle carapace identitaire de jeune adulte dans une société qui est de plus en plus impatiente.

Les remarques, les questions, ce qu’on exige de lui…. l’ado prend tout pour lui, avec souvent l’impression qu’on appuie sur sa vulnérabilité. Il faut donc prendre en considération cette hypersensibilité : comme il se sent vulnérable, il répond par de l’agressivité.

Il y a en lui comme des feux d’artifice : corporel, hormonal, cérébral, émotionnel… Cela peut générer un stress, et il n’a pas toujours les outils pour y faire face. C’est comme une bombe à retardement : les émois des premiers amours, la force de l’amitié, le sexe, les émotions en tout genre… Il se passe un milliard de choses chez un ado, cela peut être aussi une formidable période de créativité s’il acquiert la compétence pour utiliser ces éléments.

L’attachement est aussi vital pour lui que de boire et manger. Sans adulte, l’enfant ne peut pas survivre. Il développe donc un amour inconditionnel pour ses parents quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise.  A l’adolescence, le jeune a des difficultés pour gérer cet attachement. Il ne veut plus de câlins car pour lui, l’amour de ses parents n’est plus asexué. Il prend conscience de sa propre puissance sexuelle, qu’il peut procréer. Il faut donc être ultra vigilant en tant que parent pour respecter la distance de sécurité demandée par les ados. Le parent devient alors un référent soutenant et sécurisant : il est toujours là, comme un phare qui brille et qui permet à l’ado (le bateau) de partir et de revenir.

L’attachement d’un ado se traduit de plein de manières, aux parents de s’adapter face à chacun de ses enfants. La souplesse de l’adulte est essentielle : attachement ni de trop près ni de trop loin. Il faut donner la sécurité affective à l’enfant-ado afin qu’il puisse se construire en tant que personne : c’est le processus d’individuation.

Attention aussi ce que l’on dit aux enfants, aux ados. Par exemple, à un enfant qui a des difficultés d’apprentissage, à qui l’on dirait qu’il est vraiment nul car enfin, c’est facile. Plus tard, en situation amoureuse, sa première petite amie lui dit aussi qu’il est nul. Il arrive au bac et échoue, il se dit qu’il est vraiment nul. Plus tard, il est licencié de son entreprise et il pense que c’est parce qu’il est vraiment nul ! En fait, on arrive à y croire. Le jugement de départ, tout au long de l’enfance, l’adolescence, a des impacts sur toute la vie. C’est un vrai poison.

La bonne nouvelle : c’est que cela marche aussi en positif ! Il est donc important d’identifier tout ce qui est bien chez l’ado. En Scandinavie, il y a un temps en classe où le professeur fait un compliment à chaque élève, il souligne un fait positif. Cette méthode met en valeur les élèves, ce qui les amène dans une spirale de réussite plutôt que d’échec. Il est contre-productif de penser que les réflexions – désagréables – vont entrer dans la tête et porter leurs fruits.

Le parent parfait n’existe pas et le parent est aussi sous le joug du stress. Il doit donc prendre le temps de gérer ses émotions en s’autorégulant. Quand ses émotions débordent, l’adulte peut dire à son ado : « on en reparle tout à l’heure ». On verbalise autour de ce que l’on ressent : « Je ne peux plus gérer, je suis fatigué, à saturation. Nous reprendrons cette discussion plus tard. »  L’ado va ainsi apprendre que l’on peut être en colère mais que l’on peut aussi réguler cette charge émotionnelle. Je ne gère pas la situation à un instant T mais j’y reviendrai plus tard.

L’écoute bienveillante, c’est tellement évident mais pas tant que ça. Il est parfois difficile d’avoir une écoute non jugeante : écouter, sans contre argumentation immédiate – car il n’y a alors pas de discussion possible. Avoir une écoute bienveillante, c’est accueillir la parole.

Enfin, il faut garder à l’esprit que l’ado peut être en souffrance, mais pas seulement. Il est aussi plein de potentiels qui vont pouvoir émerger peu à peu, au rythme de chacun. C’est dans notre rôle de parents, d’adultes référents, d’être bienveillant, de servir de guide par nos actes autant que dans la parole. Il s’agit d’être côte à côte plutôt que face à face, avec ses ados. Et toujours garder le contact.

Quelques trucs

Chaque enfant a des compétences dont il n’a pas toujours conscience, c’est à l’adulte de lui remplir son sac de confiance et de nommer chacune de ses compétences pour lui donner ainsi confiance en lui.

Ce que dit/fait les ados peut nous paraître agressif. Dans ce cas, il ne faut pas parler de lui mais de nous, de ce que l’on ressent (« lorsque tu me parles ainsi, je me sens agressé »). On verbalise nos propres émotions, puis on lui demande ce qui s’est passé et s’il est en colère ou triste (« est-ce que quelque chose t’embête en ce moment ? Est-ce qu’il y a quelque chose dont tu veux me parler ? »).

Quand un ado est en colère et nous parle « mal », on peut imaginer un bol entre lui et nous. On se met « derrière le bol » et on le laisse remplir ce bol. Ce n’est pas nous qui sommes visés. Avec vous, il se sent en sécurité pour se défouler, se décharger émotionnellement. Vous continuerez à l’aimer et il le sait.

Que penser d’un ado qui va bien mais qui ne parle pas ? Et nous, adulte, exprimons-nous tous nos sentiments ? L’ado peut aussi être discret sur sa vie et la difficulté est pour le parent qui n’a plus le contrôle.

Comment faire avec un ado qui a l’air mal mais qui ne dit rien quand on lui en parle ? Il faut essayer de planifier un temps partagé avec l’ado, un temps choisi par lui où l’on est seul avec lui et totalement disponible pour lui (pas de tel, d’ordi …). « Dans ce moment, tu es le seul qui existe pour moi ». Il ne s’agit pas de faire des choses extraordinaires mais d’être disponible.

A cela, on ajoute aussi des Temps d’échange en famille (cf discipline positive) , que tout le monde puisse s’exprimer. C’est un rendez-vous pris avec toute la famille. Le jour et l’heure sont fixés ainsi que le temps consacré.

1) Au départ, chacun va dire quelque chose de sympa à chaque membre de la famille. Il vaut mieux y avoir réfléchi à l’avance. Si on n’est pas d’humeur, il vaut mieux passer son tour mais il y a globalement toujours une petite chose à dire.

2) Prévoir un temps de discussion, on peut avoir un cahier où les questions peuvent être notées au préalable, pendant la semaine. Chacun doit avoir la parole sur chaque sujet.

3) On clôture par un nouveau rendez-vous. Il est sympa de finir cet atelier par une activité familiale : un ciné, un resto, un jeu de société …

Rappel : On ne fait pas des enfants pour qu’ils nous fassent plaisir !! L’adolescence est aussi un temps de transgression. Quelles limites cherchent-ils ? L’ado est un adulte en devenir.

Saint Jean de Védas, le 9 octobre 2019

 

Conférence le 19 Mai 2019, à Montpellier

Conférence Audrey de la Grange
Conférence « Sortir de la dépression avec le REL »

Je vous invite à venir m’écouter DIMANCHE 19 MAI à la Maison Papillon (Montpellier).

Je présenterai une conférence à 14h30, sur le thème : « Sortir de la dépression avec le Rêve Eveillé Libre ».
Avec l’équipe des thérapeutes en Rêve Eveillé Libre de Montpellier, nous vous accueillerons toute la journée pour vous présenter cette formidable méthode thérapeutique du Rêve Eveillé Libre (REL). 
Journée du REL - Montpellier
Journée du REL
Montpellier, le 19 Mai 2019

 

Au cours de cette journée, vous pourrez échanger avec des thérapeutes, écouter des conférences, participer à des ateliers, expérimenter le Rêve Eveillé
Tout cela dans une ambiance chaleureuse et bienveillante !
Alors n’hésitez pas à passer entre 10h et 17h !

ENTREE LIBRE
CONTACT : 06 52 11 85 30
LIEU : Maison Papillon, 5 rue Bonnard, Montpellier
ACCES : Bus 7 et 10 – Arrêt St Roch ou Tram 1 et 4 – Arrêt Place Albert 1er

Témoignages

Voici quelques uns des témoignages spontanés d’anciens élèves, devenus praticiens en Rêve Eveillé Libre : qu’ils soient remerciés du fond du coeur !

« Confiance est le maître mot de cette formation. Vous chuterez, vous vous relèverez, vous serez chahutés par vos émotions, vous apprendrez, vous oublierez, que suis-je venu faire dans cette galère ?… Ah ! cette formation, c’est vraiment trop bien ! Oui, ce qui est fort, c’est que vous deviendrez des praticiens en Rêve Eveillé Libre non pas par uniquement par l’accumulation de connaissances mais surtout par l’éducation de l’intelligence du cœur et de l’intuition. Et pendant deux ans, vous serez accompagnés par de superbes personnes, présentes, attentives, compétentes, Audrey en tout premier lieu, et puis Marie-Noëlle, Jean-Luc… Vous ne le regretterez pas, jamais ». (Philippe)

« (…) Deux belles années de travail. Travail sur le REL, travail sur la puissance des images, sur leur interprétation, sur l’intuition mais aussi sur vous-même bien sûr. Et vous vivrez, vous expérimenterez à quelle point cette méthode est extraordinaire, oui, pas du tout ordinaire !  » (Marie)

« (…) La découverte et l’apprentissage d’une thérapie douce mais puissante qui n’a cessé de m’émerveiller au fur et à mesure que je la vivais et que l’on me l’enseignait mais aussi la rencontre avec Audrey et Marie-Noëlle nos deux super formatrices à l’intelligence du cœur et de l’esprit bien aiguisées !! And at last but not least le groupe que j’allais apprendre à connaître et qui est devenu pour moi une part essentielle de cette nouvelle vie qui commence ! Oui je peux le dire il y a un avant et un après ! » (Judith)

« Ayez confiance (…) dans le REL, car vous verrez à quel point cette méthode est merveilleuse, pour les patients comme pour les thérapeutes que vous allez devenir ». (Renaud)

« Pour moi, ça a été des instants forts où nous nous sommes soudés, où nous avons pleuré, ri, partagé ensemble et on a eu et avons toujours beaucoup d’amour les uns pour les autres (…) » (Coline).

« J’ai aimé chaque moment vécu tout du long de ces 2 années et je suis chargé de belles émotions. Tout d’abord de la jubilation après l’inscription, puis de la fébrilité et l’appréhension au démarrage du 1er module… Qu’est-ce que je vais vivre, comment cela va-t-il se passer, avec ce nouveau groupe, ces inconnus qui deviendront au fils de nos rencontres, échanges, travail, rêves partagés, sourires et fous rires, des êtres lumineux et complices. J’ai été touché par cet inattendu intime, cette émergente authenticité révélée de chacune et chacun ancrée joyeusement dans les profondeurs de mon cœur.

Je suis émerveillé par cette méthode régénératrice et libératrice des traumas et des névroses, véritable travail d’exploration de l’inconscient pour aller vers un meilleur présent et à venir.

Alors, je vous invite à laisser émerger votre intuition, cet échelon le plus élevé de la conscience, manifestation de l’inconnaissable qui relève de l’âme et du subtil en ouvrant des espaces infinis dans la joie & le silence avec une sérénité inaliénable » (Jacques).

 

Le REL, un outil pour mieux vivre

 Article paru dans Holistik Magazine (n°7-2016)

Quoi de plus merveilleux que de se laisser rêver pour aller mieux ?! Les anciens le savent depuis longtemps. Les chamanes voyagent dans des mondes oniriques pour soigner, les psychanalystes écoutent les rêves nocturnes de leurs patients pour les aider à mieux se comprendre. Et les enfants rêvent éveillés, tout le temps, sans même s’en rendre compte !

Fermez les yeux, laissez votre corps se relâcher et accueillez simplement les images, sans jugement … Voilà comment se produit un Rêve Eveillé Libre : sans induction, sans attente, sans projet, mais en connexion avec l’instant présent, prêt à accueillir les images et à « regarder » le scénario qui est en train de se produire dans mon cerveau, cadeau de mon inconscient !

Le Rêve Eveillé Libre est un outil thérapeutique ET un outil de mieux-être : il n’est pas nécessaire d’attendre d’aller mal pour l’expérimenter.

Dans un monde dominé par l’intellect, la performance, le matérialisme, où les attentes sociales et professionnelles sont tellement fortes, beaucoup se sentent oppressés, en perte de repère. Ils ne vivent plus, ils sur-viventdans une existence où tout est régi par quelque chose dont on ne sait rien, et contre lequel on croit ne rien pouvoir faire.

Dans ce contexte, s’offrir ce temps de pause en s’allongeant sur le divan pour faire un Rêve Eveillé Libre est déjà une façon de réapprendre à s’écouter.Ecouter son corps qui, relâché dans un état de profonde détente, va s’exprimer par des sensations. Ecouter le son de sa voix, qui naturellement va baisser. Ecouter les émotions qui accompagnent parfois les scenarios. Finalement, écouter son inconscient qui se manifeste par les images et les symboles du rêve.

Ainsi, Marie se voit souvent dans ses rêves comme une petite souris apeurée, ce qui représente sa manière d’être au monde : derrière un masque social avenant et dynamique, elle vit dans la peur d’être elle-même. Ce jour-là, elle est particulièrement mal, sans trop savoir pourquoi. Son rêve va lui permettre de retrouver, dans sa fusion avec le gland-chêne, sa puissance de vie.

Il y a un gland sur une table, la petite souris hésite à le manger… Elle est triste, elle a plus envie de rien, elle se traine, elle se dit que même manger ce gland, ça aurait pas de sens… Elle le prend avec elle, elle creuse un petit trou par terre et elle s’endort en faisant une prière… Elle se dit que de toute façon c’est fini, que sa vie de petite souris est finie … C’est pas vraiment une prière, mais… elle s’endort avec l’idée qu’elle va mourir, que sa vie va s’arrêter là, tranquillement, qu’elle va juste s’endormir et pas se réveiller… Avec ce gland, elle se sent moins seule, elle se dit que lui, au moins, il a un potentiel de vie, alors elle s’endort, en fait elle fait comme … c’est comme si elle fusionnait avec le gland, le gland commence à se transformer, à avoir des racines qui poussent dans la terre, il enveloppe la petite souris, il la prend avec lui dans son trou, comme si l’arbre avait l’âme de la souris et que l’âme de la souris avait trouvé une nouvelle enveloppe… Et l’arbre pousse, c’est un très beau chêne, il est tout de suite très grand, très vieux, comme un vieux sage qui porte déjà en lui toute l’histoire de la petite souris, toute sa souffrance, toute sa peur, toute son incompréhension face au monde… Et ce chêne, il est solide, lui, il n’a pas peur… Il pousse vers le ciel et là, il a le regard qui porte très très loin… A la fois il voit ce qui se passe sous les branches, au raz du sol, dans la forêt, là où il fait sombre, où on distingue pas très bien, et à la fois il voit sous terre avec ses racines… là où il fait chaud, où il y a de l’énergie, de la force… Il a en lui aussi toute la colère de la petite souris… Il communique ça à tous les arbres de la terre et l’information va très vite… Tous les arbres de la terre se mettent ensemble, comme s’ils allaient se mettre à gronder… comme s’ils canalisaient toute cette colère et ça tremble… toute la terre tremble… On dirait que ça va exploser… mais non, ça n’explose pas, parce qu’il y a une espèce de dieu qui est là, qui prend la petite planète dans la main et lui fait des caresses pour la rassurer… Il souffle dessus, ça fait partir la colère… Il souffle, il souffle… c’est comme un grand nettoyage de la terre… Petit à petit, les arbres s’apaisent, la terre ne tremble plus, on entend les oiseaux qui chantent, il y a une cascade, on dirait que de nouveau, c’est comme le paradis, tout est en équilibre, en harmonie, chaque élément vivant a retrouvé sa place, la nature a repris ses droits… Et le beau chêne est satisfait, paisible, il est devenu le vieux sage que les autres êtres vivants viennent consulter. Il est rassurant, bien enraciné, tout le monde vient le consulter, de très très loin, c’est comme si sa parole rééquilibrait les choses… Il ne veut plus qu’il y ait autant de colère, ça ne sert à rien, il veut garder ce souffle qui apaise, parce que c’est mieux comme ça.

Dans ce rêve, Marie revisite ses émotions cachées (sentiment de solitude, tristesse, souffrance, colère, …) pour opérer un « nettoyage ». Ainsi, en fusionnant avec le grand chêne, elle se verticalise et s’enracine. Elle devientle grand chêne et la transformation peut s’opérer : les faiblesses deviennent des forces, les blessures deviennent sagesse, les déséquilibres s’harmonisent. Autrement dit, le négatif se transforme en positif. L’image du paradis peut alors émerger, manifestant « le mouvement de réhabilitation d’un rapport objectif au monde »[1]. En effet, par la suite, Marie a manifesté de vraies modifications dans sa manière d’être au monde. Elle fut surprise d’observer que sa posture s’affirmait, qu’elle prenait mieux sa place dans ses relations sociales et familiales et, plus globalement, le bien-être qui découla de cette séance fut remarquable. Elle exprimera à plusieurs reprises combien le vieux sage l’accompagnait dorénavant, lui donnant une forme de réassurance de tranquillité intérieures jusqu’alors inconnues.

Audrey de la Grange est Docteure en Psychanalyse, Psycho-Analyste en Rêve Eveillé Libre. Elle consulte à proximité de Montpellier. Continuer la lecture de « Le REL, un outil pour mieux vivre »

Prise en charge des TDAH

La prise en charge psychothérapeutique des enfants dits « TDAH » doit être spécifique

Qu’est-ce que le TDAH (trouble de déficit de l’attention/hyperactivité) ?

Le TDAH n’est pas un trouble psychopathologique, ni une maladie neurologique. C’est un trouble neuropsychologique complexe et invalidant.

Quels sont les symptômes majeurs ?

Il y en a trois : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité.

Mais d’autres symptômes peuvent apparaître tels que la fluctuation des émotions, l’intolérance à la frustration, la difficulté à respecter les règles et les consignes familiales, sociales ou scolaires.

Quelles sont les conséquences ?

Tout ceci peut entraîner des relations conflictuelles entre les parents et l’enfant – l’enfant est souvent plus revendicatif ou cherche à avoir le dernier mot ; il peut se montrer défiant et exigeant.

En réaction, les parents peuvent se montrer de plus en plus directifs, critiques et coercitifs et peuvent avoir l’impression de passer leur temps à punir leur enfant. Le retentissement est important en termes d’estime de soi, déjà fragile chez ces enfants. Les parents éprouvent quant à eux des sentiments de frustration, de détresse et d’incompétence parentale. Le fonctionnement du couple et de la famille peut également s’en trouver altéré.

Le TDAH affecte aussi bien les interactions de l’enfant vis-à-vis de sa famille que celles des parents vis-à-vis de leurs enfants. Les parents se perçoivent comme moins compétents.

L’objectif thérapeutique va donc consister à développer les capacités d’attention, de maîtrise et de confiance en soi, de calme intérieur et d’écoute.

Un enfant en difficulté est un enfant qui ignore son potentiel

Un enfant de tempérament « agité » peut tout à fait développer ses capacités de contrôle, de maîtrise de soi et de calme intérieur.

En consultation, il est pratiqué :

  • des exercices techniques : relaxation, respiration, attention, concentration…
  • des exercices de pleine conscience* (les techniques de méditation sont utilisées comme thérapie de relaxation).

* Pleine conscience = née en Asie, pratiquée depuis des millénaires et développée par le thérapeute américain John KABAT-ZINN, la pleine conscience consiste en le fait de focaliser toute son attention sur un état donné ou sur un objet. Elle s’appuie sur une découverte récente des neurosciences : le moment où nous utilisons le plus d’énergie cérébrale est celui où nous ne « faisons rien ».

Les enfants hyperactifs sont en mode « faire » : ils sont hyper-investis dans le non-présent. L’objectif est de passer en mode « être ». – A cet égard, les grands-parents, qui vivent moins dans l’urgence, sont très importants dans cet apprentissage : l’enfant pourra aller à la pêche avec son grand-père ou faire un gâteau avec sa grand-mère. Il faut accepter de se poser, pour que l’esprit soit dans le présent, apaisé, sans jugement.

Quels sont les résultats ?

  • Régulation émotionnelle : diminution du stress et de l’impulsivité, meilleure gestion de la colère
  • Limitation des comportements auto-agressifs ou autodestructeurs
  • Amélioration des capacités d’attention, de concentration et d’apprentissage
  • Amélioration des relations interpersonnelles
  • Renforcement de la confiance en soi : réassurance, revalorisation narcissique
  • Développement de nouvelles ressources, nouveaux raisonnements, nouvelles émotions
  • Renforcement du sentiment de liberté et de choix.

L’accompagnement parental est fondamental : il est difficile d’être parent d’un enfant ayant des difficultés de développement, en particulier sur le plan du narcissisme et de l’estime de soi. Le professionnel a un rôle essentiel à jouer en la matière.

Il est conseillé de solliciter parallèlement le soutien de l’Association HyperSupers.